Des "smart grids" au "quantified self" : technologies réflexives et gouvernement par les traces

Affiche de la rencontre
visage de l'intervenant
Une rencontre avec Christian Licoppe

Informations pratiques

le 23 mars 2017 • 19:19
à Numa

Nous nous intéresserons ici au développement d’infrastructures socio-techniques « réflexives », visant à permettre et organiser la confrontation des personnes aux traces de leurs propres pratiques, dans l’espoir que de celle-ci émergera un changement des pratiques individuelles. Ces infrastructures réflexives participent d’une manière de « gouverner par les traces », en proposant pour les sujets ainsi équipés des manières de s’assembler et d’interagir à travers une sorte d’espace plus ou moins public des traces.

Partant d’une étude de cas sur un dispositif expérimental de visualisation réflexive de la consommation électrique, nous chercherons à cerner à partir de différentes perspectives théoriques comment les utilisateurs sont affectés par la confrontation aux traces de leur activité, et comment cette confrontation, médiée par les technologies réflexives, configure un certain type de sujet et d’attachement.

Nous montrerons et discuterons comment de nombreux dispositifs cherchent à renforcer et moraliser ces attachements en conférant une certaine forme de publicité à cette confrontation, par exemple en rendant visibles au niveau des interfaces les comportements d’un groupe social de référence. Les technologies réflexives proposent une régulation « en douceur » et « par le bas », qui fait en apparence la part belle à des utilisateurs rassemblés et mis sur un pied d’égalité dans un espace de visibilité mutuelle de leurs pratiques de consommation , et qui relève de ce que l’on pourrait appeler un gouvernement « démocratique » par les traces.